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Les jardins enchantés de Jean Cocteau

Galerie des Musées, Palais de l’Europe — Du 28 mars 2026 au 30 janvier 2027


Le Maire de Menton vous invite à découvrir la nouvelle exposition à la Galerie des musées, au Palais de l’Europe, Les jardins enchantés de Jean Cocteau. 


Présentation de l’exposition


« La Côte d’Azur est la serre où poussent les racines. Paris est la boutique où on vend les fleurs. » Jean Cocteau


À Menton, la Villa et les jardins des Colombières ont été décorés par Ferdinand Bac qui a publié un ouvrage consacré à ce domaine : Jardins enchantés, Un romancero. Le lien avec Jean Cocteau est connu d’autant que le poète aurait été initié au dessin par son ami.

Cette nouvelle exposition présentera la collection Séverin Wunderman du Musée Jean Cocteau de Menton à travers le thème des jardins.

Dans de nombreuse œuvres plastiques ou filmées de Jean Cocteau, la végétation est une source d’inspiration. Plus qu’un décor, elle est étrange et traduit le mystère du vivant et la porosité entre l’homme et le monde. Elle respire, s’anime, et devient un miroir de l’âme. 

Le film La Belle et la Bête (1946) se déroule dans un domaine fantastique où les plantes semblent dotées d’une âme. Les bras des candélabres s’étirent comme des branches, les rideaux ondulent tels des lianes, et la demeure de la Bête se mue en un jardin enchanté où la pierre, la chair et le feuillage se confondent. La végétation y symbolise le pouvoir de métamorphose, thème central chez Cocteau : l’homme se change en monstre, la mort se change en beauté, la rose devient visage. 

Dans les dessins de Cocteau, la végétation est peuplée par des animaux fantastiques. Il leur donne vie dans sa mythologie personnelle, à travers des séries poétiques et humoristiques. 

La Méditerranée, berceau de la Grèce est aussi source d’inspiration.

Tout un monde onirique empli de mystères ! La métaphore du geste poétique lui-même !


La scénographie a été imaginée par Ahmad Reshad, artiste et scénographe.

Ahmad Reshad, diplômé post-master du Pavillon Bosio ESAP Monaco – Art & Scenography, conçoit des projets scénographiques pour des institutions culturelles et artistiques. Parmi ses réalisations récentes : la scénographie de l’exposition Système solaire au Village Charlot à Beausoleil, la scénographie d’une œuvre de Marcel Duchamp pour le Nouveau Musée National de Monaco, la scénographie d’une exposition itinérante consacrée à Niki de Saint Phalle pour le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice, ainsi que de nombreux autres projets scénographiques.

En parallèle, il a été artiste en résidence à la Cité internationale des arts en 2025 à Paris et aux Ateliers du Quai Antoine Ier en 2024 à Monaco. Son travail artistique a également été présenté dans différents contextes, notamment à OVNi — Festival International d’Art Vidéo ainsi qu’à la 16e Biennale de Mulhouse.






Parcours de l’exposition

Dans ce deuxième accrochage à la Galerie des musées, nous vous invitons à vous promener dans les jardins imaginaires de Jean Cocteau. Vous découvrirez également des œuvres d’artistes contemporains inspirés par la nature : Claude Como, Kim Boulukos, Yvonne Bilis Régnier, Éric Massholder (représenté par la galerie Kamil, Monaco). 

Deux prêts du Musée de Beaux-arts de Menton nous permettent d’admirer des toiles de Ferdinand Bac. C’est aussi l’occasion de présenter un très beau tableau de Marie Vassilieff et des œuvres de Françoise Gilot, Fabrizio Clerici et Raymond Moretti…

Le parcours comporte quatre séquences dont deux avec des sous-séquences : des échanges épistolaires avec ses amis à l’exubérance des jardins du Sud.






Première séquence du parcours : Lettres fleuries et amicales de Jean Cocteau et ses amis

Cette première séquence montre l’importance de l’échange épistolaire, à l’époque, entre Jean Cocteau et son amie Irène Lagut et entre Valentine Hugo et Hubert de Saint-Senoch. À travers ces deux exemples, nous comprenons les liens d’amitié tissés par le poète et son entourage artistique. L’élégance et la beauté de ces lettres montrent le soin de l’ornementation par leurs auteurs en référence à la nature : les animaux, les insectes…

Chez Jean Cocteau, le courrier occupe une place centrale, structurante et pleinement intégrée à l’œuvre, au point qu’il peut être considéré non comme un simple document périphérique, mais comme un prolongement de son activité créatrice. C’est un laboratoire esthétique, plus libre que l’œuvre publiée, affranchi des contraintes éditoriales. On y retrouve son goût pour la fulgurance, la formule brève, le paradoxe, et une pensée en mouvement, souvent plus immédiate que dans ses textes théoriques.

Cocteau entretient des échanges soutenus avec des artistes, musiciens écrivains, et mécènes: Picasso, Radiguet, Max Jacob, Diaghilev, Satie, Gide, Éluard, Chanel, et d’autres non moins célèbres mais nous avons choisi ces lettres-poèmes pour Irène Lagut, son amie, créatrice de décors pour les Mariés de la Tour Eiffel en 1921 et qu’il retrouve dans le Sud à partir de 1950 (don de la correspondance au musée en 1983). Elles sont révélatrices de la construction du réseau intellectuel et affectif que tisse Cocteau.

Hubert de Saint-Senoch fait partie de ce réseau. Tous deux fréquentent les cercles littéraires parisiens.

Les relations du poète avec Valentine Hugo sont à la fois artistiques, affectives, intellectuelles et marquées par une proximité réelle.

Nous montrons aussi, à travers les courriers de Valentine Hugo à Hubert de Saint-Senoch, la relation entre ces deux êtres, plus intime et basée sur la confiance personnelle permettant cet espace de création manifesté à l’occasion de fêtes.







Deuxième séquence du parcours : Mythes revisités : faunes et nymphes – Licornes

Dans l’œuvre de Jean Cocteau, le fil rouge est sa réinterprétation moderne des mythes antiques. Il les adapte pour les transposer sous des formes nouvelles dans son époque, par le prisme de son univers poétique personnel où se mêlent symbole et esthétique.

L’une de ses figures privilégiées est Orphée, son alter ego. L’artiste transforme sa descente aux Enfers en exploration intérieure : il est l’incarnation du poète capable de franchir la frontière entre la vie et la mort.

Dans le film La Belle et la Bête, Cocteau traite le conte de Madame Leprince de Beaumont comme un mythe initiatique dans lequel les procédés cinématographiques créent une impression de merveilleux féérique.

Les dessins de faunes occupent une place particulière dans l’œuvre graphique de Jean Cocteau à partir des années 1950 jusqu’à la fin de sa vie. Ces figures mi-homme mi-bouc de la mythologie gréco-romaine lui servent moins à illustrer l’antiquité qu’à explorer un langage plastique personnel fondé sur la ligne et la suggestion, parfois teinté d’humour. Il trace souvent d’un trait continu ces créatures champêtres, captant le mouvement plutôt que l’anatomie. Quant aux nymphes, Cocteau stylise à l’extrême leurs courbes pour donner un effet éthéré et hors du temps. 

Pour les licornes, l’artiste a travaillé par séries à partir de la deuxième moitié des années 1940. Ce ne sont pas des motifs récurrents mais ponctuels dans son œuvre graphique. L’animal mythique représente un symbole condensé de sa vision poétique : pureté, mystère et puissance sont réunis dans une forme d’une extrême simplicité. Tracée d’un geste sûr, la corne unique, élément central du mythe est souvent accentuée, devenant un axe symbolique reliant le terrestre au spirituel.  Cet animal fantastique revêt aussi parfois une dimension héraldique et monumentale.

Chez Cocteau, ces figures deviennent des archétypes graphiques et poétiques, surgis de l’antiquité mais inscrites dans l’avant-garde moderne. Elles traduisent sa fascination pour les zones de passage : entre rêve et réalité, animalité et spiritualité.







Troisième séquence du parcours : Onirisme et bestiaires fantastiques

L’onirisme est présent dans toute l’œuvre de Jean Cocteau car son art repose sur ce qu’il appelait lui-même une « logique du merveilleux ». Il transpose le rêve dans ses dessins par la fluidité des frontières entre la vie et la mort, l’abolition du temps linéaire, la présence d’objets animés et la narration. Nous avons choisi de montrer son onirisme à travers des œuvres particulièrement poétiques. La série des grandes études de Beethoven et les dames du silence en est le reflet. À l’automne 1961, Jean Cocteau reçoit la commande de trente mètres de peinture pour le Festival Beethoven de Bonn.  Le commanditaire est Edouard Calic. Il entreprend sept études différentes du visage du musicien au milieu des neuf symphonies, dans une sorte d’atmosphère sous-marine. Par le biais du mouvement de sa composition tout autant que par les couleurs chatoyantes qu’il utilise, il suggère la manière dont le compositeur devait imaginer la musique qu’il créait en dépit de sa surdité. L’organisation du festival ne donna hélas pas suite à ce projet mais c’est grâce à la donation de la collection de Séverin Wunderman en 2005 à Menton que ces dessins rejoignent le musée Jean Cocteau. Les bestiaires fantastiques (1957-1960) ne sont jamais décoratifs chez Jean Cocteau. Ils sont souvent ressemblants à des sphinx ou des bêtes cornues, Dans ses dessins à ligne claire, presque calligraphique, ils apparaissent dépouillés de tout détail naturaliste. L’animal est représenté avec un corps de lion, un visage humain et des ailes parfois suggérées. L’être hybride mi-humain mi-monstre est le symbole même du mystère de la création poétique et plus largement de toute œuvre d’art. Ils sont des résurgences des voyages de l’artiste au Moyen-Orient.






Quatrième séquence du parcours : Jardins du Sud : figure du vivant - Méditerranée

Jean Cocteau a séjourné à de nombreuses occasions dans le Sud de la France. Il va être accueilli  à partir de 1950 à la Villa Santo Sospir à Saint-Jean-Cap-Ferrat par sa mécène Francine Weisweiller.

Le sud est l’occasion pour le poète de laisser sa trace par des œuvres monumentales de Menton à Fréjus… il « tatoue » les murs.

Il entretient un lien profond avec la Côte d’Azur, région qu’il a adoptée comme refuge créatif et inspirant. Son lieu de prédilection est la ville de Menton et ses jardins méditerranéens. Fasciné par la lumière, les couleurs et la végétation luxuriante, il a trouvé un terrain de jeu pour son imaginaire.

Pour Cocteau, ces sites sont des espaces d’expérience poétique où la nature et l’art se rejoignent. Ses dessins se peuplent alors d’animaux divers : coqs, aigle et poissons…

Son œuvre devient un hommage à la Méditerranée : le ciel et la mer créent un continuum entre le réel et l’imaginaire. Elle n’est pas seulement un décor : elle devient un personnage à part entière, chargé de symboles comme ses Profils à l’œil poisson l’attestent.

Sa série des Innamorati ou Amoureux mentonnais traduit la joie de vivre qu’il a ressentie en vivant sur cette côte.






Courte biographie de Jean Cocteau (1889-1963)

1889 ​Jean Cocteau naît le 5 juillet à Maisons-Laffitte. Il grandit dans un milieu mondain, artistique et cultivé. 

1909 ​Il rencontre un grand succès dans les milieux littéraires, introduit notamment par Édouard De Max. Il publie son premier recueil de poèmes, La Lampe d’Aladin, ainsi que des articles et dessins dans Comœdia. 

1913 ​La première du Sacre du Printemps, ballet composé par Stravinsky et chorégraphié par Nijinski, le transporte. L’hostilité du public le conforte dans l’idée qu’il n’y a decréation artistique qu’anticonformiste.  

1917 ​La première représentation de Parade, ballet créé avec Satie et Picasso, et interprété par les Ballets russes, surprend le public et la critique.

1921 ​Première des Mariés de la tour Eiffel, qui sera chahutée par les dadaïstes. Cocteau entreprend les adaptations d’Antigone et d’Œdipe roi. 

1923 ​Il publie Le Grand Écart et Thomas l’Imposteur. Il sera très affecté par la mort brutale de Radiguet le 12 décembre. 

1924 ​Il publie un recueil de dessins dédié à Picasso. Il écrit le poème L’Ange Heurtebise et Le Mystère de Jean l’Oiseleur. 

1925 ​Cocteau rencontre Jean Bourgoint et sa sœur Jeanne, dont la chambre lui inspirera le décor des Enfants terribles.

1929 Il écrit les Enfants terribles en dix-sept jours, roman qui reçoit un accueil très positif.

1930 ​ Tournage de son premier film Le Sang d’un poète. Paraît en librairie Opium, journal d’une désintoxication.

1937 ​Lors d’une audition pour Œdipe roi, il remarque Jean Marais.

1942 ​Cocteau fréquente beaucoup Picasso, Éluard, et travaille pour le cinéma. 

1945 ​Tournage de La Belle et La Bête, qui sortira en 1946 et obtiendra le prix Louis-Delluc.

1947 ​ Il achète avec Jean Marais une Maison à Milly-la-Forêt, rencontre Édouard Dermit et écrit le scénario d’Orphée.

1948 ​Le cinéma est toujours au premier plan avec le tournage des Parents terribles. Il se met à la tapisserie (carton de Judith et Holopherne).

1949 ​Cocteau tourne Orphée. Le 3 septembre, il est fait chevalier de la Légion d’honneur.

1950 ​Il séjourne pour la première fois à Saint-Jean-Cap-Ferrat dans la villa des Weisweiller, Santo Sospir, dont il tatoue les murs. 

1953 ​Il préside le jury du Festival de Cannes. Il publie aux éditions Bruckmann (Allemagne) l’ouvrage Démarche d’un poète illustré de 17 dessins.

1954 ​Il est victime d’un infarctus. Il s’initie aux techniques du pastel. 

1955 ​Candidat à l’Académie française, il est élu au premier tour de scrutin. 

1956 ​Il commence la décoration de la chapelle Saint-Pierre à Villefranche-sur-Mer et de la salle des mariages de l’Hôtel de ville à Menton.

1957 ​Bernard Buffet illustre La Voix humaine, pièce écrite par Cocteau en 1927. Il est initié à la poterie à l’atelier Madeline-Jolly de Villefranche-sur-Mer.  

1958 ​La salle des mariages de Menton est inaugurée le 22 mars. Il travaille au projet de réhabilitation du Bastion pour y exposer son œuvre plastique.

1959 ​Il tourne Le Testament d’Orphée aux Baux-de-Provence et à Nice.

1960 ​Il est élu Prince des poètes.

1963 ​Il quitte Santo Sospir et rejoint Milly-la-Forêt où il meurt le 11 octobre. Il est inhumé le 16 octobre dans la chapelle Saint-Blaise-des-Simples qu’il a décorée.

1966 ​Le 30 avril, son musée-testament au Bastion de Menton est inauguré.





Commissariat de l’exposition

Sandrine Faraut Ruelle

Responsable du Musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman


Scénographie

Ahmad Reshad

Artiste et scénographe



Informations pratiques

Les jardins enchantés de Jean Cocteau 

Galerie des Musées, Palais de l’Europe

8 avenue Boyer, 06500 Menton


Ouverture au public à partir du samedi 28 mars 2026 jusqu’au 30 janvier 2027

La Galerie des Musées est ouverte tous les jours, du mardi au samedi, de 10h à 12h et de 14h à 18h sauf jours fériés











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